INTERVIEW – Après avoir été ravagé par une guerre ou une catastrophe environnementale, un pays doit se reconstruire. Un marché important existe, financé par des institutions comme l’ONU, l’UE ou l’AFD, sur lequel les entreprises françaises peinent à se positionner, explique au Figaro le général Meyer, fondateur de l’association Auraction-France.

Jean-Pierre Meyer est général de division. Il est le cofondateur et président du Cercle K2, un cercle de réflexion spécialisé dans l’accompagnement opérationnel en matière de stratégies économiques offensives et d’anticipation des risques. Il préside l’association Auraction-France, composée d’entreprises ayant la volonté de se développer sur les marchés de la reconstruction des pays post-crise.

Le Figaro.fr.- Vous dirigez Auraction-France, une association qui accompagne des entreprises voulant répondre à des appels d’offres dans des pays ravagés par la guerre, des crises humanitaires ou encore environnementales. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce «business post-crise»?

Général Jean-Pierre Meyer: Une crise se déroule toujours en plusieurs phases. D’abord l’action violente sur le terrain, qui nécessite l’intervention de militaires, comme ce fut le cas dans les Balkans, au Mali ou en Centrafrique. Pendant cette phase et juste après, intervient l’action humanitaire, principalement menée par les ONG pour soulager les souffrances des populations. Et enfin, une fois que le calme est rétabli, arrive le moment de reconstruire. Cette dernière phase est généralement organisée et financée par les institutions internationales – ONU, UE, US Aid, AFD… – et consiste à remettre en place les fondamentaux de la vie économique et sociale du pays. Cela passe par des élections, le rétablissement de l’État de droit, mais aussi le volet économique. Il faut refaire les routes, les ponts, l’aéroport, la distribution d’eau, etc. Cette phase doit, si tout se passe bien, déboucher sur celle du développement. Autrement dit, nous parlons ici d’aider des pays sortis d’une crise à revenir à la normale.